Rien ne s'est passé comme je l'avais imaginé
- Rachel Boutin

- 9 août
- 2 min de lecture
Ça fait quatre mois que j'ai quitté la fonction publique. Vingt-deux ans au gouvernement, et des années à me demander de quoi aurait l'air la suite.
J'avais tout imaginé. Le calme. Le vide, peut-être. Les journées trop longues. Je m'étais préparée à une version de ma vie qui n'est jamais arrivée.

Le décalage
Rien ne ressemble à mes projections. Ni en mieux, ni en pire. En différent.
Je ne manque pas d'occupation. Je choisis dans quoi je m'investis.
Je ne me sens pas coupée du monde. Je vois maintenant qui est vraiment autour de moi. Le réseau concret, celui des personnes qui répondent, qui proposent, qui rappellent. Celui-là, je ne le distinguais pas quand j'étais à l'intérieur d'une organisation.
Et il y a une chose que je n'avais mise dans aucun de mes scénarios : je me sens libre.
Ce que ça change
Dans le modèle EQ-i 2.0, le sens de la réalité, c'est la capacité de voir les situations telles qu'elles sont. Pas telles qu'on les craint. Pas telles qu'on les espère.
Ça semble évident, jusqu'au moment où on mesure le temps qu'on passe à répéter mentalement des scénarios qui n'arriveront pas.
Je vois le même mécanisme partout en ce moment, et beaucoup autour de l'intelligence artificielle. Des gens compétents se préparent à un avenir qu'ils n'ont jamais vérifié. Ils craignent d'être remplacés, alors ils s'immobilisent. Pendant ce temps, la réalité avance sans eux.

On est des êtres d'émotion
Notre cerveau adore les scénarios. Il en fabrique gratuitement, en continu, souvent la nuit. C'est un excellent générateur de fiction et un piètre prévisionniste.
La bonne nouvelle : il n'est pas nécessaire d'avoir raison à l'avance. Il suffit d'accepter de regarder ce qui arrive vraiment.
Pourquoi ça compte au travail
Depuis ma certification EQ-i 2.0, j'ai administré plus de soixante évaluations. Le sens de la réalité fait partie des sous-échelles qui bougent le plus quand les gens décident de la travailler. Ce n'est pas un trait figé. C'est une habitude qui se cultive.
Et si vous arrêtiez de préparer une vie qui n'arrivera pas?
Se lancer ne demande pas de connaître la suite. Ça demande de regarder ce qui est là, maintenant, et d'avancer avec ça. Advienne que pourra.
Si ce billet vous parle, écrivez-moi ce que vous aviez imaginé et ce qui est arrivé à la place. Je lis tout.
Rachel

Et si la réalité était plus vivable que le scénario que vous vous racontez?



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