Trois étés dans un seul été
- Rachel Boutin

- 2 août
- 2 min de lecture
Cet été, trois choses se passent en même temps chez moi.
Les vacances en famille. Le lancement de mon entreprise. Et la présence constante auprès de quelqu'un que j'aime, qui traverse une dépression et qui, contrairement à moi, ne prend pas de pause.
Je pensais connaître la flexibilité. Je l'enseigne. Je la mesure chez mes clients avec l'intelligence émotionnelle (EQ-i 2.0). Mais cet été, je l'ai vécue autrement: pas comme une compétence qu'on sort quand l'horaire change, mais comme un ajustement de tous les instants.
Trois vies dans le même été

Dans le modèle EQ-i 2.0, la flexibilité, c'est adapter ses émotions, ses pensées et ses comportements face à des circonstances imprévisibles et changeantes. On l'associe souvent à un contexte professionnel: un projet qui bascule, un client qui change d'idée, un horaire qui explose. Ce que j'ai découvert cet été, c'est que le même muscle s'exerce ailleurs, et plus souvent qu'on pense.
Vivre aux côtés de quelqu'un en dépression, ce n'est pas suivre un plan. C'est lire l'énergie de la journée, du moment, parfois de la minute, et ajuster ce que je propose, ce que je dis, ce que je laisse de côté. Certains jours, ça veut dire reporter une tâche pour l'entreprise. D'autres jours, ça veut dire protéger un moment de vacances qu'on avait prévu ensemble, même si tout le reste s'effondre autour.
Personne ne prend de vacances de la dépression de l'autre. Alors je fais ce que je sais faire: je m'ajuste.

Des êtres d'émotion avant tout
On est tous, au fond, des êtres d'émotion avant d'être des entrepreneurs, des parents ou des proches aidants. Et il y a quelque chose d'assez drôle, en y repensant, dans le fait que je donne des présentations sur la flexibilité tout en la pratiquant, non pas dans une salle de conférence, mais dans ma cuisine, à essayer de deviner si c'est le bon moment pour parler ou pour me taire.
Le même muscle, ailleurs
Ce qui me frappe, professionnellement, c'est que cette flexibilité-là n'est pas différente de celle qu'on développe au travail. C'est le même muscle. Une personne qui apprend à s'ajuster à un proche en difficulté développe exactement la compétence émotionnelle qui la rend plus solide en affaires: la capacité de rester fonctionnelle et présente quand rien ne se passe comme prévu.
Et si la flexibilité qu'on pratique dans nos relations les plus proches était la meilleure école pour toutes les autres?
Je continue d'observer ça cet été, dans les deux sens à la fois. Si cette réflexion te touche, ou si tu reconnais ce genre d'ajustement constant dans ta propre vie, j'aimerais te lire en commentaire. Et si tu veux explorer comment ta propre flexibilité se manifeste, un portrait EQ-i 2.0 peut être un bon point de départ.
Rachel

Et si la vraie flexibilité ne se mesurait pas à notre capacité de nous adapter à un horaire, mais à notre capacité de rester présents pour quelqu'un, jour après jour?


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