top of page

Personne pour approuver

23 août
2 min de lecture

J'ai douze designs. Je suis encore en train de prouver les douze.


Au printemps, j'en ai approuvé un treizième. Le Geai prétentieux.


Cerceau à broder posé sur un tissu blanc. Un geai bleu est brodé à moitié, en fils bleus, blancs et noirs. Le reste de l'oiseau n'est encore qu'un tracé rose sur le tissu. Une aiguille et une épingle en forme d'abeille sont piquées dans le cerceau.
Le quart du travail. Le reste attend encore. Photo: Rachel Boutin


Ce que ça engage

Un nouveau design, chez moi, c'est environ soixante-dix heures. Le dessin, les essais de fils, les échantillons, les reprises, les photos, le manuel, les vidéos, la mise en kit.


Ajoutez les coûts de préparation. Et l'inconnu au bout, qui ne se referme jamais complètement.


Personne d'autre n'a signé cette décision. Personne d'autre ne la paie.



Vingt-deux ans de comités

J'ai passé vingt-deux ans dans la fonction publique fédérale. Chaque décision d'importance passait par une table. Un tour de parole, des avis, une approbation.


Je croyais que ce qui me manquerait, c'était la compagnie.


Ce n'est pas ça. Ce qui a changé, c'est où atterrit la conséquence. En comité, elle se répartissait entre plusieurs personnes. Maintenant elle a un nom et un montant.


Salle de réunion vide. Une grande table ronde en bois entourée de chaises de bois foncé. Au centre de la table, un seul document retenu par une pince. Trois fenêtres à carreaux laissent entrer une lumière pâle.
Pendant vingt-deux ans, la décision passait par là. Photo : Michael Xi, Unsplash


Ce que dit le modèle

Dans le modèle EQ-i 2.0, l'indépendance c'est la capacité de décider et d'agir sans avoir besoin de l'approbation des autres.


La nuance tient dans le mot besoin. Ce n'est pas décider sans écouter. C'est écouter, puis trancher, et rester debout dans la conséquence.



On est des êtres d'émotion

Le réflexe de chercher quelqu'un qui valide ne disparaît pas parce qu'on a changé de bureau. Il reste là, poli par des années d'usage.


Ce qui change, c'est ce qu'on va chercher. Un avis nourrit la décision. Une permission la remplace.


Et la différence entre les deux ne se voit pas de l'extérieur. Elle se sent dans le ventre, au moment de poser la question.



Pourquoi ça compte au travail

Depuis ma certification EQ-i 2.0, j'ai administré plus de soixante évaluations. L'indépendance est l'une des sous-échelles les plus mal lues. Les gens la confondent avec le fait de ne demander l'aide de personne.


Ce n'est presque jamais ça. C'est savoir de qui on a besoin, pour quoi, et à quel moment on arrête de consulter.


Et si votre prochaine décision n'attendait plus que votre signature?


Le Geai prétentieux est brodé. C'est environ le quart du travail. J'attends encore le tissu, et il reste le manuel, les vidéos, les photos.


La décision date du printemps. Elle est encore devant moi.



Si ce billet vous parle, écrivez-moi la décision que vous portez seul·e en ce moment. Je lis tout.


Rachel






Et si décider seul·e ne voulait pas dire être seul·e? rachelboutin-consultante.com


Commentaires


bottom of page